Le mur d’en face – Maria Clark

Le Mur d’en face (2006), par Maria Clark. Toile peinte (ou support mur), vidéo, textes
Deux enfants tentent, par jeu, d’escalader un mur. Tandis que la bande son évoque la réalité parfois meurtrière de cette frontière du Mur de séparation entre les territoires. Paroles traduites en une multitude de langues de textes écrits par Maria Clark. Chacun des personnages, fictifs donc, témoigne de son histoire : il est question de Ceuta, Mali Selmenci, Nicosie, Jérusalem, Berlin… Ainsi que du témoignage d’une Jeune femme qui marche sur les murs.

« La jeune femme parle en anglais. Elle dit :
Nul raison de choisir son camps et de battre du tambour dans ce cirque cacophonique.
Je marche le long du mur entre deux mondes, dans les deux à la fois. Ils se perdent l’un l’autre, oublient de se distinguer. Ni d’un côté, ni de l’autre, mais à la limite, à sa disparition.
Mes pieds nus suivent la ligne de repos de l’horizon, de l’horizontale, alors que mon regard est entier et que mon corps se porte comme un i.
Ma tête plonge dans le silence le plus absolu, j’avance pas à pas sur le fil du béton, dans l’entre-deux, deux jambes, jonction de forces des deux mondes, la gauche et la droite que l’on a voulu séparés.
Le mur entre en moi, brûlant, cisaillant mes chairs de ses aspérités. Tout est à proportion heureuse, l’air est silence. Je ne perçois plus les sons, extirpée de la Terre que l’on a voulu striée. »
Extrait du Mur d’en face

Lire le texte intégral.

Présentation complète de l’installation sur le site de Maria Clark.

Dans la première version de l’installation, un mur de la salle était également couvert d’écriture à propos du mur entre le Mexique et les États-Unis. Installation modulable en fonction du lieu.

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